Blog du secrétariat national à la Rénovation

Blog du secrétariat national à la Rénovation

Rapport de mission par Arnaud Montebourg & Olivier Ferrand

Rapport de mission par Arnaud Montebourg & Olivier Ferrand

Le parti socialiste a adopté le 3 juillet dernier, lors de sa convention nationale sur la rénovation, les grands principes d’une primaire ouverte et populaire pour désigner son candidat à la présidentielle. Il doit encore en codifier les règles, dans le cadre d’une « charte d’organisation de la primaire » qui sera arrêtée lors d’un bureau national.

Tel est l’objet de ce rapport : proposer les éléments constitutifs de la charte de la primaire. Ces éléments sont issus des réflexions internes que nous avons pu mener, d’abord dans le cadre du groupe de travail piloté par Olivier Duhamel au sein de Terra Nova, puis au sein du parti socialiste dans le cadre de la commission de la rénovation. Ils sont également le fruit des échanges que nous avons pu mener avec le Parti démocrate italien et dans le cadre de notre dernière mission à Washington en octobre 2010, auprès des équipes actuelles du DNC et de celles qui ont organisé, autour de Howard Dean, les dernières primaires présidentielles démocrates, en 2008.

Rapport Rénovation-Cliquer pour télécharger le rapport

Préparation de la charte de la primaire – par Arnaud Montebourg et Olivier Ferrand –

Rapport de mission à Martine Aubry – Première Secrétaire du Parti Socialiste

Préparation de la charte de la primaire

Le parti socialiste a adopté le 3 juillet dernier, lors de sa convention nationale sur la rénovation, les grands principes d’une primaire ouverte et populaire pour désigner son candidat à la présidentielle. Il doit encore en codifier les règles, dans le cadre d’une « charte d’organisation de la primaire » qui sera arrêtée lors d’un bureau national.

Tel est l’objet de ce rapport : proposer les éléments constitutifs de la charte de la primaire. Ces éléments sont issus des réflexions internes que nous avons pu mener, d’abord dans le cadre du groupe de travail piloté par Olivier Duhamel au sein de Terra Nova, puis au sein du parti socialiste dans le cadre de la commission de la rénovation. Ils sont également le fruit des échanges que nous avons pu mener avec le Parti démocrate italien et dans le cadre de notre récente mission à Washington, auprès des équipes actuelles du DNC et de celles qui ont organisé, autour de Howard Dean, les dernières primaires présidentielles démocrates, en 2008.

par

Arnaud Montebourg et Olivier Ferrand

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Les primaires font tache d’huile en Europe, par Paul ALLIES, secrétaire national adjoint à la rénovation

Le Parti Socialiste Européen (PSE) a décidé, lors de son congrès de Prague en décembre 2009, de présenter un candidat commun à la Présidence de la Commission lors des prochaines élections au Parlement européen. Ce peut être un mode de politisation démocratique d’une Union Européenne (UE) qui en a bien besoin. Mais si l’idée a fait largement accord, sa mise en oeuvre est autrement complexe. Elle doit en effet prendre en compte les variables institutionnelles et politiques de chacun des Etats membres  de l’Union comme l’histoire et la culture de chacun des partis socialistes. Aussi le PSE a-t-il mis sur pied un réseau de représentants de ces partis pour réfléchir à la modernisation de la politique. Il est un lieu d’échange comparatif des expériences nationales pour faciliter les préconisations à la présidence dans la perspective du congrès de 2012. Le secrétaire général Philip Cordery a donc réuni ce réseau en un séminaire le 23 septembre dernier à Bruxelles. Le thème en était la sélection des leaders et du candidat chef de file par les partis-membres. Treize de ceux-ci étaient représentés. Leur débat s’est concentré sur l’opportunité d’ouvrir les procédures de vote interne à plus de sympathisants ou de citoyens; donc à aller vers des systèmes de primaires.
L’état des lieux est fait de trois groupes de partis: D’abord ceux de l’arc Europe du Nord-Europe centrale (Autriche, Bulgarie, Pologne, Scandinavie) où c’est le congrès qui conserve le monopole de la sélection des candidats. Le SAP suédois, un des plus vieux parti social-démocrate (il a été fondé en 1889) est le prototype de cette tradition. En 120 ans il n’a connu que huit leaders (une femme depuis 2007); ceux-ci sont durablement désignés par le congrès puisqu’ils ne quittent pas la direction si le parti vient à perdre les élections (à la différence du SPD). Entre les congrès ce sont les Conseils du parti (un tiers du congrès formé d’élus au niveau du district) qui ont la maîtrise du processus de sélection. Ils désignent le Collège électoral avec des représentants de toutes les régions; celui-ci a le dernier mot pour la désignation des candidats. Les militants ne sont donc qu’indirectement associés au processus. En 2007 ils ont été consultés sur le profil du leader souhaité. D’une très forte participation il est ressorti une large préférence pour une femme et une direction collégiale; recommandations entérinées par le congrès. Pour autant, la crainte de voir les médias, la droite ou une excessive personnalisation perturber le choix interne du leader est patente. L’idée de quelconques primaires (au premier degré ou fermées) n’est pas à l’ordre du jour en Scandinavie (en Finlande peut-être) mais rode à l’Est de l’Europe .

Le deuxième groupe de partis est fait de ceux où le leader est désigné par les militants dans des primaires fermées. C’est le cas pour nombre de partis depuis le CSSD tchèque en passant par les PS belge et néerlandais jusqu’au Labour irlandais. Cette ouverture est portée par la logique institutionnelle de ces pays: le dirigeant du parti est appelé à devenir Premier ministre en cas de victoire aux élections législatives. C’est ce qui porte le SPD à penser à des primaires pour la désignation du candidat Chancelier.

Enfin un troisième groupe émerge en Europe du Sud où des partis ont fait le choix de primaires ouvertes. C’est le PASOK qui a emprunté cette voie le premier en organisant en 2004 des primaires ouvertes aux sympathisants du parti. Un million d’électeurs ont répondu à l’invitation sur 8 millions d’électeurs inscrits, soit un ratio plus qu’intéressant d’autant que G. Papandreou était le seul candidat. D’où la réédition de l’opération en 2007 où 600.000 électeurs se sont déplacés pour choisir entre trois candidats et finalement à nouveau Papandreou. Même si ces primaires étaient plutôt de ratification vu la forte personnalité de l’actuel Premier ministre, elles ont favorisé le dialogue au sein du parti et augmenté le taux de sympathie pour le parti dans l’opinion. L’Italie a appliqué la même procédure pour la première fois en 2005 après cinq ans de gouvernement Berlusconi. Les primaires ont été portées par les Démocrates de Gauche, la Marguerite, des petites formations du centre et de la gauche radicale. Leur organisation a été un facteur de rassemblement baptisé d’ailleurs « l’Unione ». 4,2 millions d’électeurs y ont participé pour investir Prodi à 75%. Elles ont été un indéniable facteur de victoire aux législatives en dépit du fait que la gauche  n’ait pas suffisamment discuté d’un programme de gouvernement. C’est pour cette raison que la nouvelle majorité s’est divisée et a perdu la majorité d’abord au Sénat.  Malgré ce, de nouvelles primaires ont été organisées en octobre 2007 sur la lancée de la fusion des deux principales forces La Marguerite et Les Démocrates de Gauche. 3 millions d’électeurs ont accompagné ce processus de création d’un nouveau parti et investi Veltroni contre deux autres candidats. La dynamique enclenchée s’est enrayée avec la chute du gouvernement Prodi; mais il demeure que le leader du parti désormais désigné par les sympathisants sera automatiquement le candidat de la gauche à la fonction de Premier ministre. Et si, en 2009 la proximité des élections européennes a obligé la tenue d’un congrès pour lequel 430.000 adhérents ont voté (sur 800.000 au total) pour organiser la succession de  Veltroni, quelques semaines plus tard 3 millions d’électeurs se sont déplacés pour le même objet et ont choisi, comme les adhérents, Bersani à 64%. En dépit des difficultés bien connues de la gauche italienne, les primaires ont bien rempli leur rôle de construction du leadership, et c’est un facteur bien souvent de paralysie qui est ainsi écarté.

La France a rejoint ce peloton depuis le vote du PS que l’on sait le 3 juillet dernier en faveur de primaires ouvertes et populaires. Le PSOE espagnol va pratiquer en 2011 des primaires régionales. Et des partis (en Allemagne, en Bulgarie et en Roumanie) se posent la question d’organiser des primaires ouvertes ou fermées en tout ou partie. La tendance est donc à l’ouverture nationale de la procédure de sélection du leader, considérée comme un moyen d’augmenter les chances de victoire aux élections. Mais elle est aussi considérée comme une ressource pour changer en profondeur le rapport de la social-démocratie à la société civile même si elle ne règle en rien la question de la refondation d’un projet, qui plus est à l’échelle de l’Europe.

C’est dans ce cadre que s’inscrit la réflexion sur la désignation du candidat du PSE à la Commission en 2012. Elle soulève des questions spécifiques, au-delà de savoir quels seront les électeurs appelés à exprimer leur choix entre plusieurs candidats supra-nationaux: par qui seront-ils parrainés?; quel sera leur rapport à leur parti national et le rôle de celui dans le choix du candidat ?; comment sera pondéré le corps électoral pour que les pays les plus peuplés n’imposent pas leur choix aux autres ? Un rapport rédigé par la Fondation de recherches pour une Europe Progressiste présenté à la réunion de Bruxelles fait l’inventaire de ces problèmes qu’il inscrit dans le cadre d’une nécessaire démocratisation de l’UE au stade premier de l’élection de ses représentants. La désignation d’un candidat du PSE devrait y contribuer; et les autres grandes formations, le PPE et les Verts sont d’ailleurs sur le point de faire de même. Mais son effet pourrait s’exercer sur plusieurs registres: dans les rapports entre partis membres du PSE; dans le changement de la nature du PSE lui-même qui jusqu’à présent est plutôt un « parti-refuge » pour militants politiques confirmés. A l’évidence on ne rejouera heureusement pas le scénario de 2009 qui a vu s’étaler une discordance tonitruante parmi les socialistes européens, certains de leurs partis soutenant ouvertement Baroso dans la campagne elle-même. Ce qui est à l’oeuvre, c’est bien une intégration dans les règles du PSE et au niveau fédéral, de la marche signalée dans les Etats vers des primaires. Une synthèse se fera entre leur différents degré d’ouverture, interne ou externe. Un groupe s’est même formé de « PSE activists » avec principalement des militants irlandais, anglais et portugais pour mener campagne dans les réseaux sociaux en faveur d’une telle perspective (sur Facebook: Campaign for a PES Primary; et sur Twitter@PESPrimary). La généralisation des primaires en Europe apparaît donc comme une voie de passage, modeste mais inéluctable vers un autre type de parti plus respectueux du choix et du poids des citoyens ordinaires. Il n’est pas secondaire que ce soit la vieille social-démocratie qui porte ce changement.

Paul ALLIES, secrétaire national adjoint à la rénovation

De la démocratie en socialisme, par Paul Alliès, Secrétaire national adjoint chargé de la Rénovation

Le PS a donc tenu sa convention sur sa rénovation ce samedi à Paris. C’est l’aboutissement d’un exercice devenu assez rare dans les partis, de délibération militante effective mais aussi d’un très long travail d’élaboration et de rapprochement des opinions.

Les principaux éléments du texte soumis au vote étaient l’organisation des Primaires pour les présidentielles, la mise en place d’un régime de non cumul des mandats, la définition d’une nouvelle organisation des congrès, l’amélioration des règles favorisant la parité et la diversité, l’installation d’un état de droit dans le parti.
C’est dans cet ordre décroissant que le texte adopté par le Conseil national le 8 juin a fait l’objet de 365  amendements (présentés sur un tableau de 70 pages) dûment examinés et votés par les Fédérations. 55 se sont livrées à cet exercice et ceux de 23 d’entre elles ont été retenus. C’est une commission dite des résolutions qui les a examiné vendredi soir à la veille de la Convention. Cette commission réunissait les responsables de la direction du parti, toutes les sensibilités ainsi que les représentants des Fédérations les plus propositionnelles. Elle n’a pas retenu les amendements qui sortaient par trop du cadre initial (par exemple sur la 6° République) tracé par le référendum militant du 1° octobre 2009. Par contre elle a débattu de ceux qui soulevaient de vrais problèmes d’interprétation ou d’application de la rénovation. Ce fut ainsi le cas sur les Primaires au sujet desquelles Paul Quilès avait largement exprimé ses désaccords (ici même ce jeudi).  Il les a exposé encore une fois devant la commission où il était présent. Celle-ci a finalement décidé d’intégrer un élément important de sa proposition: le mandat donné « à la direction nationale du PS pour prendre les contacts nécessaires avec nos partenaires, dans le but d’élaborer une plate-forme commune et d’engager des discussions afin d’évaluer la possibilité d’une candidature de rassemblement désignée par les Primaires ».

Le débat a néanmoins repris le lendemain à la Convention sur ce point comme sur les autres en tenant compte de l’intégration des amendements. Ainsi Paul Quliès et Marie-Noelle Lieneman décidèrent-ils de voter le texte final alors qu’ils avaient voté contre lors du Conseil national un mois plus tôt.
C’est donc un exercice complexe mais qui devrait forcer la considération que ce travail délibératif aboutissant à à une véritable synthèse.
Mais celle-ci n’aurait sans doute pas été possible sans la longue patience et la totale détermination d’Arnaud Montebourg qui, en tant que secrétaire national à la rénovation a ouvert ce chantier depuis mars 2009. Ce fut d’abord une commission de ce secrétariat qui a instruit, avec le concours de la Fondation Terra Nova et la participation des différents courants du PS le dossier des Primaires. C’est peu de dire qu’elles soulevaient à l’origine plus de réticences et même d’hostilités que d’accords. Néanmoins un rapport de synthèse a pu être remis à Martine Aubry en mai 2009. Et la Première secrétaire a ratifié  avec quelque solennité la totalité des éléments de ce rapport lors de l’Université d’été de La Rochelle à la fin du mois d’Août. Puis ce fut le référendum du 1° octobre auquel participèrent 90.000 militants qui donnèrent alors un mandat impératif au Bureau National du parti pour mettre en oeuvre les réponses aux onze questions qu’ont leur avait posé et auxquelles ils avaient répondu avec une moyenne de 70% de votes favorables. Une commission de cette instance a alors été mise en place sous l’autorité d’Arnaud Montebourg; les représentants de toutes les sensibilités sans exceptions y participèrent assidûment à raison d’une réunion hebdomadaire (soit au total une soixantaine d’heures de réunion). Des délégués du PRG et du MRC s’y sont joint un temps. C’est là que se sont réellement affrontés puis rapprochés les points de vue. La règle de la discrétion, soit d’une discipline collective pour ne pas médiatiser les divergences avant qu’elles ne soient arbitrées, a été une condition majeure de la réussite du travail collectif. Car c’est bien à une élaboration commune qu’a abouti cette démarche. Sur bien des point Arnaud Montebourg a amendé son projet initial, en particulier sur les Primaires. C’est ainsi que le Bureau national a pu ratifier à la quasi-unanimité les texte final le 1° juin. Et que la voie d’un large soutien chez les militants a été ouverte. Ils ont été moins nombreux à voter le 24 juin (57.000) mais plus nombreux à ratifier le texte (77%). On a dit ici, au gré des débats fédéraux, comment cette révolution apparaissait comme de velours; comme si l’avènement de réformes tant attendues démobilisait ses plus ardents partisans.

Car c’est un combat d’une décennie qui a franchi un pallier avec cette Convention; celui lancé par Arnaud Montebourg dés 2001 en faveur d’une 6° République et d’une refondation du socialisme. L’idée était (et reste) que la  question démocratique fait intégralement partie de la question sociale; et que réforme de la République et réforme du Parti socialiste sont étroitement liées. Durant cette décennie, cette idée fut moquée, refoulée, trahie. L’obstination politique de Montebourg fut la condition majeure du succès d’aujourd’hui. Mais le régime de démocratie interne du PS fut aussi un atout capital dans cette bataille. Le résumé donné ici en est la scrupuleuse illustration. L’ensemble est de nature à convaincre que les convictions personnelles d’un encore jeune dirigeant peuvent devenir force collective et que les partis de gauche, s’ils savent se transformer, sont des outils incontournables pour changer la société. Tocqueville le disait déjà: « Dans les démocraties, chaque génération est un peuple nouveau. »

La rénovation du socialisme, une idée neuve en Europe, par Paul Alliès, Secrétaire national adjoint chargé de la Rénovation

Le lendemain même du vote des socialistes français pour leur Convention nationale, le Parti Socialiste Européen invitait à Bruxelles les secrétaires généraux de ses 32 partis membres. Il s’agissait de mettre en musique la résolution n°2 adoptée à son 8°congrès à Varsovie en décembre 2009, laquelle disait vouloir « moderniser la politique, revitaliser nos structures de parti, créer un espace pour les nouvelles générations de femmes et d’hommes politiques ». Pour cela il prévoyait la création d’ »un réseau du PSE sur la modernisation politique » ce qui s’est donc fait ce 25 juin.

18 partis étaient présents, plutôt ceux d’Europe occidentale (les scandinaves avaient déclaré forfait pour cause de « nuit blanche ») donc les plus forts et les plus anciens. Philip Cordery, secrétaire général du PSE, posait d’entée et sans détours les  problèmes à résoudre. De majoritaire qu’elle était jusqu’à la fin des années 90, tant en voix qu’en responsabilités gouvernementales, la social-démocratie européenne est devenue nettement minoritaire.En 2010 elle n’est à la tête que de cinq gouvernements au lieu de douze en 1999. Partout elle a perdu des millions de voix au profit de l’abstention, de l’extrême-gauche et des Verts, souvent de formations spécialisées (les Pirates, les Retraités….). Comment enrayer cette tendance alors même que la violence de la crise du capitalisme devrait relancer la crédibilité d’un socialisme européen ? La stagflation électorale de ses partis s’explique d’abord par le fait que l’opinion ne fait plus la différence entre les conservateurs et les progressistes, les politiques d’accompagnement du néo-libéralisme ayant brouillé les cartes. Il y a donc bien une question majeure de programme et d’orientation politique. Mais une autre raison de ce déclin est dans l’incapacité constatée des partis socialistes à s’adresser à la société, à transformer la politique en fonction des attentes et des pratiques des citoyens. Le but du réseau du PSE sera donc de travailler à des propositions convergentes dans les domaines de la démocratie interne, de l’implication des sympathisants, de l’ouverture à la société civile. Comment sélectionner les dirigeants et les candidats; représenter les diversités culturelles, sociales, de genre; promouvoir de nouvelles responsabilités militantes ? Autant de questions précises qui requièrent un état des lieux avant de définir de bonnes pratiques qui seront proposées à la présidence du PSE.

Cette première journée fut donc l’occasion d’un échange bien intéressant  entre les responsables présents auxquels s’est joint par vidéo-conférence Howard Dean, le secrétaire général du Parti démocrate américain. Trois sujets ont émergé. Le premier concerne la démocratie locale. Si le PSE est minoritaire dans les instances européennes, il est et de loin le premier parti des collectivités territoriales qui sont ainsi devenues le laboratoire des politiques publiques social-démocrates. On ne sera pas surpris que les Italiens travaillent à une réforme fédéraliste de l’Etat ou que les belges misent sur un renforcement des structures locales pour consolider des réseaux durables; mais la tendance à théoriser une prise du pouvoir de la périphérie est générale, sauf peut-être pour les britanniques qui notent un fort localisme de la coalition conservatrice-libérale et pensent que la gauche doit nationaliser ses réponses. D’évidence cette problèmatique de la démocratie locale devra être mieux analysée si on ne doit pas en rester à une justification paresseuse de la marginalisation des partis socialistes vis-à-vis des centres effectifs du pouvoir dans les Etats-membres et dans l’Union Européenne.

Le deuxième sujet est celui de l’ouverture des partis aux sympathisants si ce n’est aux citoyens en général. Rares sont les partis qui ne se posent pas la question tels les belges qui privilégient leurs 600 sections, et les liens avec les syndicats et le mouvement mutualiste; ils considèrent que l’organisation de quelconques  primaires (sauf dans les cas de scrutin majoritaire) sont la mort des partis politiques.  Les Allemands eux ont lancé une vaste enquête auprès de leurs 9500 sections; 44% et 40.000 adhérents ont répondu. Il en ressort que le SPD est plutôt replié sur lui-même: la grande majorité de ses sections n’organise jamais de réunions ouvertes aux citoyens, ni ne mène des actions avec les syndicats, les mouvements de jeunes ou les défenseurs de l’environnement. Les sympathisants proches (estimés à 520.000) restent donc en jachère. Les italiens, on le sait, sont à l’avant-garde de l’ouverture puisqu’ils ont organisé déjà trois primaires ouvertes; la dernière le 25 octobre 2009 a mobilisé 3,3 millions de sympathisants pour désigner le Premier secrétaire du PD, ce qui représente 30% des électeurs de ce parti aux législatives de 2008. Une culture de la participation s’est donc installée qui va avec une séparation toujours plus forte entre les mandats électifs dans les institutions et les responsabilités dans le parti,  une réforme tout récente ayant renforcé le rôle des adhérents dans le choix des dirigeants locaux. Heureux pays donc où l’absence de cumul différencie la représentation partisane et politique.  L’aboutissement est aux Etats-Unis où Dean rappelle qu’il a accédé à la tête du parti  sans aucun soutien de Washington mais avec celui des militants qui voulaient le rénover. Même au Royaume-Uni les sympathisants sont sollicités pour orienter les choix du Labour; les groupes d’ »amis » impliquent quatre millions d’électeurs qui sont ainsi associés au collège des adhérents directs à côté de celui des parlementaires et des syndicats pour les congrès. Le choix du leader s’en trouve plus ouvert; on pourra le vérifier le 25 septembre prochain. A Malte, le Labour s’est montré le plus radical: pour sortir de son isolement il s’est transformé en « mouvement progressiste » incluant les activistes des minorités et les sympathisants. Le PS en  France sera donc au centre géopolitique de cet arc de réformes  à l’oeuvre dans le PSE, avec la mise en oeuvre des mesures sur sa rénovation.
Enfin un dernier sujet de débat est ouvert par la question des médias, traditionnels et nouveaux. Pour ce qui est des médias traditionnels ils sont jugés globalement défavorables aux sociaux-démocrates dés lors qu’ils ne cherchent plus à analyser, enquêter, expliquer. Du coup la tendance est de se tourner au moins par défaut vers le web.  Les Slovènes et les Espagnols sont les plus ardents à vanter les mérites de Facebook pour les campagnes de  leurs partis. Mais les second vont plus loin en considérant que la confrontation des militants  socialistes aux nouveaux créateurs dans les réseaux sociaux  est de nature à transformer la qualité du message politique du parti. Récompenser les militants en leur donnant des argumentaires alternatifs augmente spontanément leur envie de participer. C’est un autre rapport à la société réelle qui se construit ainsi.

Le réseau va donc explorer ces divers terrains dans la perspective du prochain congrès du PSE en 2012. Trois prochains séminaires aborderont les modes de participation militante, les primaires ouvertes, et le rôle des médias dans la société. Il sont les thématiques de la rénovation européanisée qui marque la fin du cycle de la Troisième voie que Blair et Schroeder avaient ouverte il y a une décennie. Les représentants du LP comme du SPD l’ont eux-même souligné: le choix de la modernisation de leur parti qu’avaient fait ces leaders n’a pas évité la déception de l’opinion devant les politiques menées dans leurs gouvernements respectifs. Ceci pour rappeler qu’il ne peut y avoir de rénovation sans projet politique, en particulier à l’échelle de l’Europe toute entière. On en est pourtant assez loin même si l’idée de fédéraliser la prochaine campagne des élections européennes avec un leader commun au PSE incitera à le faire. En tout cas la création de ce réseau témoigne de l’intérêt de la rénovation du parti français et renforce ses enjeux. S’il la réussit il sera plus audible sur la scène social-démocrate. La rénovation de celle-ci deviendrait alors, comme St Just l’annonçait du bonheur à la Convention en 1794, une idée neuve en Europe.

Les rénovateurs parlent aux rénovateurs, par Paul Alliès, Secrétaire national adjoint chargé de la Rénovation

Mardi soir, Arnaud Montebourg, était dans l’Hérault pour « booster » le débat sur le rapport « Rénovation du PS » dont il est responsable. C’est la section socialiste de Frontignan qui l’avait invité depuis plusieurs semaines déjà, invitant aussi tous les militants intéressés du Département à la réunion. La Fédération de l’Hérault n’a rien trouvé de mieux que d’organiser le soir même à la même heure une assemblée générale concurrente dans une commune de l’agglomération de Montpellier. Résultat: 250 militants à Frontignan, 80 à Mauguio. C’est une première leçon administrée à ceux qui croient toujours pouvoir rester dans le sillage de Frèche, pourtant exclu définitivement du parti.

Un Frèche qui continue à se lâcher et à rendre tous les jours plus difficile le redressement du socialisme démocratique dans cette région. Dimanche dans Midi Libre il déclarait entre autres: « Aubry est d’une intelligence moyenne, comme les bons élèves de l’ENA. Elle ferait un excellent Premier ministre. Président, cela demande une intelligence qu’elle n’a pas. » Quant à la position du PS sur les retraites, il l’a juge « poujadiste. Moi je serais pour une retraite échelonnée de 55 à 70 ans ». Et pour ce qui est des socialistes locaux qui lui sont restés fidèles (et qui ont été exclus), les choses sont on ne peut plus claires en ce qui concerne son éventuelle succession (il vient d’un subir une nouvelle opération de la hanche): « Je suis d’accord avec Navarro (ex-premier secrétaire de la Fédération de l’Hérault, sénateur, vice-president de la Région) pour désigner Bourquin (Président du Conseil Général des Pyrénées-Orientales, député et vice-président de la Région). Les Gardois et les Audois, on les dégagera. Le plus dur ce sera  avec les Audois mais ils seront seuls, car d’ici là on aura fait élire Alary (Président du Conseil Général du Gard, vice-président de la Région) comme sénateur-maire de Nîmes ». Il va sans dire que, dans ce contexte, le cumul des mandats « c’est secondaire ! En soi, je suis pour mais le jour où il y aura une loi ». Fermez le ban et ne changeons rien au féodalisme méridional.

Dans ce contexte, il n’est pas étonnant que les militants aient préféré venir débattre avec Montebourg quoique traité de « pitre » par le même président de Région. En présence d’Hélène Mandroux, maire de Montpellier et de Pierre Bouldoire, maire de Frontignan mais aussi de plusieurs autres élus, maires ruraux  et conseillers généraux, il a lancé le débat en situant la rénovation proposée dans le cadre d’une refondation de la politique et des rapports de la gauche avec les Français dans leur ensemble. Il fait le pari que les cinq familles de cette gauche qui se déchirent à chaque élection présidentielle (de la gauche anti-libérale à la gauche écologiste) peuvent désormais se retrouver. Les Primaires sont bien sûr l’instrument de ces retrouvailles et l’aggravation de la crise sociale fera que ce qui n’est pour l’instant qu’une procédure de désignation d’un candidat devienne un processus de rassemblement politique et même idéologique. Le projet est donc étroitement lié aux Primaires. Et le Parti socialiste devra peaufiner le sien à l’occasion de sa Convention extraordinaire en avril 2011. Montebourg plaide ainsi pour des mesures plus précises sur des sujets comme la mise sous tutelle des banques, la sanctuarisation des services publics, la nationalisation de certaines ressources essentielles. « C’est l’Etat-providence qu’il faut redéfinir dans une période où l’Etat tout court est attaqué par les marchés financiers ». Les mesures que vont voter les adhérents ce soir, y compris celles sur une « nouvelle gouvernance du parti » ne sont donc pas de simples révisions des statuts existants comme beaucoup voudraient le croire. L’exemplarité qui est préconisée dans le domaine de la limitation du cumul des mandats (ne pas attendre une loi et l’appliquer aux socialistes dés 2012) est l’engagement dans de nouvelles pratiques de la démocratie représentative et de la responsabilité politique. Tout ceci fait système en ouvrant un nouveau cycle succédant à celui de quarante ans du congrès d’Epinay (rendant possible en 1971 la rupture avec la SFIO).
Un débat fourni a suivi, confirmant ces retrouvailles militantes avec la délibération et parfois l’imagination d’une autre gauche et d’un « avenir qui dure longtemps » comme disait joliment Althusser. Il est vrai qu’on était entre « rénovateurs », loin, très loin des tartarinades de Georges Frèche et des contorsions de ses alliés. On était aussi à la veille de l’ouverture à Frontignan du 13° Festival international du roman noir qui aborde, comme on le sait, le destin de chacun et l’histoire de tous, la mémoire intime et sa projection collective. Un vrai programme pour tous les rénovateurs.

Rénovation et pari pascalien, par Paul Alliès, Secrétaire national adjoint chargé de la Rénovation

A Clermont-Ferrand, la  Fédération socialiste organisait hier un débat sur la rénovation, le soir de la fête de la musique. Petite assistance donc mais pour un échange parmi les plus roboratifs de ceux déjà vécus. Il faut dire que c’est un territoire marqué par le poids des élus que de jeunes et courageux responsables ont voulu confronter à la raison militante. Charasse et quelques autres conseillers généraux furent donc exclus et l’épisode fait encore sentir ses effets. Dans le Puy-de-Dôme on ne cumule plus les mandats locaux, départementaux et régionaux, ce qui va plus loin que le texte soumis au vote. Malgré ce,  la rénovation engagée au niveau national suscite un fort soutien. Ici, toutes les interventions vont dans le sens d’une amplification du mouvement.

C’est vrai d’abord pour les mesures concernant le parti en tant que tel. Claude craint que la simplification introduite pour la formation de majorités dans les congrès ne finisse par amplifier une présidentialisation rampante. Carole, un peu lasse d’une rénovation toujours annoncée depuis dix ans et jamais advenue, voudrait des règles plus précises pour que les instances du parti incarnent mieux les principes qui sont sensés l’inspirer: parité, nouvelles générations, diversité sociale et culturelle. Thierry pense qu’il faut  faire voter les sympathisants sur les thèmes faisant l’objet de Conventions. L’évocation du PASOK qui, en Grèce a organisé des primaires ouvertes pour l’élection de son premier secrétaire élargit un peu plus cet horizon. Le projet d’ouvrir une « grande école » pour la formation des candidats discriminés tant ils semblent ne jamais pouvoir égaler le savoir-faire des élus cumulards inquiète et même scandalise. Pierre y voit l’aveu d’un mépris de « l’etablishment » pour les « sans-grade ». Il faut donc expliquer le sens de cette école: non pas une ENA bis où défileraient quelques universitaires titrés, mais des experts de la société civile, des ONG, des syndicats, des professions intellectuelles. Il s’agit bien de permettre à des militants qui n’ont pas eu socialement accés  au capital symbolique de l’élu, de s’en approprier des éléments, plus en phase avec la société réelle. Même souci pour ce qui est de la transmission du mandat: le texte prévoit que « tout candidat à une élection parlementaire abandonnera ses mandats exécutifs locaux dans un délai maximum de trois mois après la tenue du scrutin. Il/elle devra avoir préparé avec le Parti les modalités de sa succession ». Thierry redoute que cela ne renforce le parrainage à la romaine qui sévit ici et là, même si la préoccupation de passer la main dans de bonnes conditions n’est pas le sport favori des élus les mieux installés. Il faut donc expliquer en quoi cette idée d’une socialisation du métier acquis dans l’exercice d’une responsabilité exécutive peut être un facteur d’égalisation des chances pour y avoir accès. Evidemment les dispositions sur le non-cumul ont été passées au crible. Cécile regrette les compromis qui ont conduit à assouplir le calendrier d’application donc à le renvoyer aux lendemains des présidentielles. Si la gauche y échoue, on peut craindre le pire même si ces mesures ont été intégrées dans les stauts du parti.
Quant aux Primaires, elles ne font pas question bien au contraire. Tous y voient un levier qui peut faire émerger un nouveau parti. Pierre note néanmoins l’absence d’enthousiasme dans son entourage au travail; raison de plus pour qu’elle s’élargissent à toute la gauche; ce qui supposerait qu’on corrèle la procédure à la préparation des législatives et la répartition des circonscriptions, ce que ne prévoit pas le texte. Claude redoute qu’on y oublie le projet nonobstant la Convention extraordinaire prévue à cet effet en avril 2011. Mahdi y voit au contraire l’occasion d’un élargissement de nos débats à toute la société, ce qui les fera changer de nature. Cécile pense à ce qui pourrait advenir aprés: pourquoi pas des Primaires populaires pour désigner en 2014 les candidats têtes de liste aux municipales ?

L’ambiance générale est donc bien au « pessimisme de l’intelligence et à l’optimisme de la volonté »; plus qu’ailleurs jusqu’ici, la volonté de changer vraiment le Parti cette fois-ci est manifeste. On regrette justement qu’il n’y ait pas assez de temps pour le débat ou pour les amendements, mais on ne discute pas son plaisir de saisir l’occasion d’une grande réforme. Bien des responsables présents ont en mémoire les combats menés depuis dix ans pour un nouveau parti socialiste, souvent déçus ou trompés dans le huis clos des congrès. C’est bien le cas de Xavier, le  jeune secrétaire fédéral. Que de nouveaux adhérents (plus que les élus) se soient déplacés est pour lui un discret signal que la « petite lumière espérance » s’est allumée. Dans la cité de Pascal il est bien normal de faire un solide pari sur l’avenir du socialisme. Blaise n’avait-il pas puisé son inspiration dans « Le Discours de la réformation de l’homme interieur » de Cornelius Jansen ? La réformation, déjà.

La rénovation à la FFE ! – par Pascale SEUX, Sylvain LHERMITTE Secrétaires Fédéraux

La communauté des deux millions de Français , dans plus de 150 pays à l’étranger, joue un rôle fondamental dans le rayonnement de la France. Ces citoyens français à part entière ont droit à l’exercice de la citoyenneté, à la protection sociale et à l’éducation.

Les militants socialistes, les sénateurs et les élus de gauche à l’Assemblée des Français de l’étranger défendent depuis des décennies les droits de leurs compatriotes.  Aujourd’hui, la participation à la vie politique s’élargit considérablement à l’étranger et le PS entend remporter ce combat.

L’image caricaturale d’une communauté composée d’expatriés nantis et d’immigrés fiscaux ne correspond plus à la réalité. La plupart des Français de l’étranger sont installés de manière durable dans leur pays d’accueil ; près de la moitié d’entre eux sont des double-nationaux. Certains créent des emplois ou trouvent des opportunités inaccessibles pour eux en France. Tous font vivre la France à l’étranger et constituent une force pour notre pays.

Mais ils ne bénéficient pas de certains droits fondamentaux. Ils paient cher l’accès à  une éducation de qualité. Et tous ne peuvent se permettre de scolariser leurs enfants dans le réseau de l’enseignement français. Certains, par milliers, vivent dans des conditions précaires. Ils sont privés de  protection sociale, et sont soumis aux conditions fiscales en vigueur dans leurs pays de résidence ou en France. Parmi eux, certains vivent des destins tragiques et ne peuvent pas exercer leurs droits civiques ou se réinsérer en France avec leur famille;

-       Des primaires ouvertes pour les  Français de l’étranger

Les militants du PS se sont prononcés en faveur des primaires ouvertes pour la désignation de leur candidat(e) à l’élection Présidentielle de 2012. La plus jeune Fédération du PS, la FFE, est prête à relever le défi à l’étranger.

Le résultat électoral du 5 mai 2007 a montré que notre combat politique hors frontière n’est pas vide de sens, la gauche progressant de 31% à 46% entre le 10 mai 1981 et le 5 mai 2007. En Italie en 2006, les voix des concitoyens d’outre frontière – l’équivalent d’un très grand département  – ont été déterminantes pour la victoire. Pour les primaires qui ont abouti à la désignation de Barack Obama, Democrats Abroad avait fait élire ses délégués à la Convention de Denver par les américains de l’étranger. Mettons, nous aussi, toutes les chances de notre coté !

La FFE, c’est un réseau de 70 sections à travers le monde et de nombreux militants isolés qui « maillent » la planète. Son expérience dans l’organisation de scrutins internes est reconnue. L’utilisation sécurisée du vote électronique par les adhérents isolés, lors des scrutins internes, est approuvée par le Bureau National des Adhésions et les commissions d’organisation de nos Congrès depuis plus de 10 ans.

En ouvrant un bureau de vote là où résident un minimum de 3 adhérents de la FFE et en associant au réseau des organisateurs des primaires les sections Français du monde-ADFE*, le PS permettra à la plupart des Français de l’étranger partout sur la planète de participer à cet événement démocratique majeur. Et pour les Français résidant loin d’un bureau de vote, un vote électronique sécurisé avec mot de passe et code, comme cela se fait pour les élections à l’Assemblée des Français de l’étranger, pourra être mis en place.

-       Pour la FFE, un nouveau défi : l’élection des 11 députés des Français de l’étranger.

En organisant les primaires la FFE, lancera une dynamique appelée à monter en puissance lors de l’élection des députés des Français de l’étranger, pour la 1ère fois en juin 2012.

Le découpage des 11 circonscriptions de l’étranger est tout aussi douloureux qu’en France. Là où Ségolène Royal obtenait 46% des voix en 2007, seules 2 circonscriptions sur 11 seraient gagnables selon le même résultat ! La droite n’a pas oublié de charcuter à son avantage à l’étranger aussi ! Fort heureusement, la manœuvre pourrait se retourner contre elle.

En effet, la FFE prend les devants ! Le PS est mieux structuré à l’étranger que ne l’est la droite et va continuer à progresser dans la période qui nous sépare du scrutin. La FFE prépare activement le projet socialiste pour 2012 pour les Français de l’étranger en organisant, dès maintenant, des ateliers sur les sujets qui les concernent : enseignement, affaires sociales, culture, évolution de la représentation démocratique… En anticipant leur désignation (décembre 2010), le PS se donne les moyens de présenter des candidat(e)s à l’étranger proches de leur terrain et des électeurs. Sur ces circonscriptions parfois très larges, ils pourront entendre les Français, leur proposer un projet socialiste qui donne l’espoir de retrouver la France qu’ils aiment pour rejeter celle, toujours plus dégradée, que Nicolas Sarkozy nous impose.

Ouverte à la rénovation, forte d’une expérience de 27 années, la FFE est prête à relever ces défis politiques et à porter haut les valeurs socialistes comme l’égalité et l’internationalisme!

La délibération reprend le dessus dans les sections socialistes par Paul Alliès, Secrétaire national adjoint chargé de la Rénovation

Le débat sur la rénovation du PS suit son bonhomme de chemin. Ce vendredi 18 juin, c’est à Laudun-l’Ardoise dans le Gard rhodanien que se retrouvent quelques soixante-dix militants des sections de Bagnols, Villeneuve-les-Avignon et Bagnols. La particularité du secteur c’est qu’il est porté par le mouvement qui s’est enclenché lors des dernières élections régionales en Languedoc-Roussillon. Le maire et conseiller général de Laudun Patrice Prat conduisait la liste gardoise d’Hélène Mandroux, accompagné d’Alexandre Pissas conseiller général et maire de Tresques. Tous deux sont présents et diront tout le bien qu’ils pensent de la rénovation engagée au niveau national.
Dans la salle les questions portent principalement sur les Primaires. Certains  (Rose) redoutent qu’elles encouragent la personnalisation dans le PS et avec d’autres (Elisabeth) craignent qu’elles ne renforcent le présidentialisme. Il faut dire qu’ici l’idée de réclamer une 6° République est assez bien portée. Hervé estime que cette question doit, cette fois-ci faire partie du programme du ou de la candidate de gauche; et il espère que les Primaires seront un moyen de la rendre incontournable pour tous les candidats qui y participeront. La discussion s’élargit à la démocratie participative, aux jurys citoyens qu’avait évoqué Ségolène dans sa campagne lors des primaires internes de 2006. La Convention sur la démocratisation de la République que Martine Aubry a confié à Manuel Valls sera d’évidence l’occasion de reprendre ce chantier. Sinon, Le soulagement est général quant au rassemblement obligé et organisé que le texte prévoit à l’issue des deux tours pour que les candidats battus puisent exprimer leur soutien à celui ou celle arrivé en tête. Plane quand même l’inquiétude, exprimée par Kamel que le contenant l’emporte sur le contenu, qu’un projet ne soit pas suffisamment rassembleur de toute la gauche. Mais la Convention extraordinaire prévue avant que ne commencent les Primaires rassure plutôt.
La limitation cumul des mandats est l’autre thème qui est exploré. La perspective d’une loi donnant un statut à tout élu dés 2012 est très soutenue. Il faut dire que les critiques sont nombreuses sur la professionnalisation du mandat politique. Armand voudrait que soit poussée plus loin la limitation dans le temps de la carrière politique pour qu’elle n’en soit pas une; les élus doivent exercer un métier, ne pas accumuler avantages et indemnités. Le compromis passé avec les sénateurs serait-il le signe d’un nouveau recul aussitôt le principe posé de l’application immédiate du non-cumul? Françoise craint que la parité n’en fasse les frais dans les scrutins de 2012/2014; elle demande son application dans les instances du parti lui-même. Jean-Paul en appelle à un rajeunissement du Bureau National. Youssef  leur fait écho à propos de la diversité réelle qui tarde à être traduite dans les faits des investitures comme dans la composition des organes dirigeants du parti.
Au bout du compte, la discussion fort nourrie partout, s’avère essentielle. Il n’y a pas, même ici, d’enthousiasme spontané pour les Primaires ouvertes et populaires et les occasions manquées depuis dix ans pour rénover le socialisme ont nourri le doute. La délibération (la pratique de la confrontation argumentée, ouverte et contradictoire des opinions en tant que telle) reprend ses droits par-dessus la violence des affrontements de courants du congrès de Reims et par-dessous le consensus construit au niveau national. Elle porte sur des objets concrets et majeurs: la capacité  du parti à rénover et à inventer la politique en se tournant vers la société toute entière. C’est un atout fragile mais prometteur, aussi important à lui seul que les résultats du vote de jeudi prochain dans les sections.